En Italie, l’ancien régime des infractions ministérielles, fondé sur la poursuite parlementaire et le jugement par la Cour constitutionnelle, a été progressivement critiqué comme une justice politique inefficace et privilégiée. L’affaire Lockheed (1979) a révélé ses dysfonctionnements et accéléré les demandes de réforme, renforcées par les référendums de 1978 et 1987. La réforme constitutionnelle de 1989 a transféré le jugement au juge ordinaire, tout en maintenant une autorisation parlementaire préalable des poursuites. Le Parlement n’est plus organe d’accusation, mais garant politique de la fonction ministérielle. La réforme a ainsi partiellement dépolitisé la procédure tout en conservant un filtre parlementaire. 

In Italy, the original system for ministerial offenses—based on parliamentary prosecution and trial before the Constitutional Court—came to be criticized as an inefficient and privileged form of political justice. The Lockheed affair (1979) exposed its dysfunctions and accelerated calls for reform, reinforced by the 1978 and 1987 referendums. The 1989 constitutional reform transferred adjudication to the ordinary courts while preserving prior parliamentary authorization to prosecute. Parliament no longer acts as an accusatory body, but as a political guarantor of the ministerial function. The reform thus partly depoliticized the procedure while retaining a parliamentary filter.